Les carrefours du citoyen


Beaucoup de gens pensent que pour exercer notre pouvoir de citoyens, il nous suffit d'aller voter. Car voter, c'est participer directement ou indirectement à la création des lois, et ces lois peuvent transformer la société. Ce raisonnement est malheureusement inexact. Si nous voulons changer le monde, voter ne suffit pas, car le vote n'est pas un carrefour de pouvoir.
Voter ne nous permet pas d'être imprévisibles car nous ne pouvons pas choisir quand et sur quels thèmes nous voulons donner notre avis dans une votation. Et voter ne déclenche pas l'effet papillon puisque seules les opinions majoritaires triomphent.

Les carrefours de pouvoir qui concernent notre rôle de citoyens ne se trouvent pas en priorité dans la création des lois, mais dans la surveillance de leur application.
Exercer pleinement notre pouvoir de citoyens, cela veut dire mettre les lois au service des hommes, et devenir moins prévisibles dans nos comportements politiques.
· D'une part en demandant des comptes aux gouvernements et aux institutions non seulement quand des votations sont organisées, mais à n'importe quel moment.
· D'autre part en nous préoccupant non seulement de situations qui nous sont proches, mais aussi de celles qui ne nous concernent pas directement, et qui touchent l'avenir d'autres êtres humains.
Nous pouvons le faire seuls ou à travers diverses organisations de citoyens qui interpellent les Etats et les entreprises sur des thèmes aussi divers que l'écologie, le droit au logement, le racisme, la liberté d'opinion, etc. Chacune de nos actions quotidiennes à ce niveau peut déclencher l'effet papillon et faire fléchir des gouvernements ou des multinationales.

Au lieu d'être de simples spectateurs, nous devenons alors des citoyens acteurs qui font constamment peser sur les responsables leur regard d'individus concernés par l'avenir du monde.


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